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LE MOI EN QUETE DU NOUS

Retrouver un nous, aller vers soi, se retrouver soi. Dans un contexte qui tendrait à nous isoler, à nous recroqueviller, il est possible de se retrouver en allant vers l’autre, car on ne se construit pas seul, mais aussi en interagissant, en vivant et en partageant. Se découvrir au travers du regard de personnes de confiance, ou de nouvelles connaissances, de nouvelles expériences, c’est ce qui permet d’ouvrir les yeux sur qui nous sommes. Cela peut permettre d’avoir un reflet nouveau et parfois plus objectif que le nôtre.

Etre autonome, centré sur soi, indépendant, unique et différencié. Connaître ses limites, ses compétences, ses envies, ses difficultés. Ne compter que sur soi pour se protéger de l’autre qui peut nous décevoir, nous rendre triste, nous blesser… Voici une liste non exhaustive mais déjà fournie de tout ce qui pourrait nous inciter à cibler nos efforts pour nous uniquement. Avoir l’occasion d’aider son prochain, de partager une compétence, une aptitude, de faciliter la vie de quelqu’un même ponctuellement, sans que cela nous coûte est finalement devenu bien plus difficile qu’on le voudrait.  

Beaucoup de choses nous ont amenés ces dernières années à nous isoler. La peur, les changements de communication, plus récemment la maladie nous ont fait préférer nos sphères sécure que sont la famille, le foyer, le cocon de nos connaissances anciennes et leur lot de certitudes. Parfois effectivement, les cases dans lesquelles nous rangeons les choses et les gens pour essayer d’y voir un peu plus clair nous sécurisent, et font la balance avec tout un tas de situations où nous nous sentons perdus. Dans d’autres cas ces cases peuvent aussi être un frein, qui nous empêche d’aller au devant du nouveau, de la découverte, de l’autre, inconnu.

Connaître un peu plus son voisin, le parent d’élève que l’on croise et à qui on dit juste bonjour, toutes ces personnes qu’on voit sans regarder vraiment. Cette tendance à se centrer sur soi est importante pour favoriser l’accomplissement de nos propres besoins par nous-même car personne d’autre ne pourra savoir mieux que nous nos mécanismes intérieurs. En revanche, l’accomplissement et la connaissance de soi passent aussi par l’autre, par le groupe et par la rencontre. Rencontre de l’autre qui nous fait voir les choses autrement, et donc nous regarder autrement. A chaque minute passée nous sommes différents de celles d’avant, et qui plus est lorsque nous explorons notre univers au travers du prisme des autres.

Et qu’il est bon de se sentir exister au travers d’un groupe, d’y trouver sa place, d’y avoir un rôle… d’être important. C’est en cela que le moi et le nous se complètent. Etre valorisé par l’autre, même lorsqu’on ne sait pas bien quoi faire d’un compliment, c’est toujours valorisant. Même lorsqu’on y croit pas, qu’on rejette ou qu’on blague pour noyer ce cadeau verbal, les mots sont arrivés, se sont nichés quelque part pour ne plus partir. Et même si leur voix ne se fera pas entendre tout de suite, cela pourra être utile plus tard.

Notre identité se construit par elle-même, mais elle se construit aussi sur la base d’une identité sociale, d’une place au sein d’un nous. Que ce soit un groupe de pairs, la famille, les amis, le travail, une région, un pays, ou simplement d’appartenir à l’espèce humaine, nous sommes au cœur d’un nous. De manière concrète, chacun précise grâce à ce qu’il est, la place qu’il a besoin d’occuper au sein de ce nous, plus grand que lui, et qui le fait exister et évoluer.

Et vous, quel groupe, quel « nous » vous a aidé(e) à forger votre identité ?

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