You are currently viewing SUIVEZ LE FILS… ROUGE

SUIVEZ LE FILS… ROUGE

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Articles
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

La filiation…  quelques lignes ne suffiront jamais à tout expliquer ou à tout dire. Que portons-nous des générations passées ? Que portons-nous de nos pères, de nos mères, pour commencer ?

Qu’ils aient été là ou absents, parfaits (donc avec des défauts!) ou en proie à leurs propres difficultés, nous avons tous hérité de quelque chose. La question est de savoir de quoi il retourne et ce qu’on veut continuer à porter ou ce qu’ on veut laisser à l’histoire familiale pour ne plus subir. Car « être le portrait craché de … », c’est en avoir toutes les facettes, et nous ne les voulons pas forcément.

Il est très facile de se souvenir de ce défaut qu’avait un de nos parents, ou un de ces adultes référents qui ont marqué notre construction personnelle. Et qu’on le veuille ou non, ces adultes, repères premiers et dont l’influence est grande nous ont montré leurs solutions et ont fait des choix pour avancer, même si certains sont critiquables de notre point de vue.

De notre regard, d’enfant, d’adolescent et même d’adulte, il est parfois difficile de prendre la distance nécessaire avec ces « modèles ». Se rappeler un choix qui nous a blessé nous rappelle que l’adulte qui est censé nous guider, nous protéger n’est finalement pas infaillible. Alors parfois on enfouit cette douleur profondément, et elle peut ressurgir au travers des mêmes comportements que nous avons détestés, n’ayant pas eu l’occasion d’y réfléchir et de nous y préparer.

Parfois nous gardons en tête que la filiation risque de nous amener un jour ou l’autre à reproduire certains choix qui nous ont touchés. Alors on a cette petite rengaine en tête «  je ne ferai pas vivre ça à mon enfant », « je ne referai pas les mêmes erreurs que mon parent »…

Car la filiation est à la fois vertu et vice.  Cela nous amène à penser que ce qui a existé va perdurer, que « c’est dans les gênes » comme le disent certains. Mais quelle est notre part de liberté individuelle là-dedans ? Sommes-nous obligatoirement les copieurs anonymes de ce qu’ont fait nos aïeux ? « Dans la famille, tous les hommes ont toujours fait … » , « que ce soient ta grand-mère, ta mère ou avant elles, les femmes de la famille ont toujours eu ce trait de caractère … ». Que ce soit aidant ou limitant, nous avons tous ce genre de schéma au cœur de la filiation, ces espoirs, ces craintes de voir se reproduire certains schémas. Et n’oublions pas que si nos parents ou grands parents eux-mêmes ont reproduit certains schémas, c’est peut-être parce qu’ils ont aussi leurs démons à gérer, dans une société qui il y a peu encore, ne laissait pas beaucoup de place au développement et à la connaissance de soi.

Alors à l’heure de se demander ce que nous voulons et d’en avoir la possibilité, de nous questionner sur ce que nous endossons chaque jour parce que nous le voulons, demandons-nous ce que nous portons parce que « ça a toujours été ainsi jusqu’à maintenant ».

Pourrait-il être utile dans ces cas-là, tout en respectant les générations précédentes, de leur laisser ce qui leur appartient, ce qu’ils ont accepté de porter, mais que nous ne voulons pas ? Je le pense et l’espère. Car cela pourrait peut-être permettre d’avancer avec soi-même, et de regarder son histoire, sa famille, au travers de l’unicité de chacun, et de laisser à chacun les choix de ses actes ou de ses inactions, sans se sentir responsable de choses sur lesquelles nous n’avons aucune prise.

Et vous, quel serait ce « trait de caractère familial » dont vous voudriez vous défaire ?

Laisser un commentaire