Pour rebondir sur des articles récents de confrères, il est de nombreux écrits, dont les miens parfois, qui favorisent, incitent au mouvement. Aller vers, se projeter, changer, sortir de sa zone de confort, oui tout ceci est bon… lorsqu’on le souhaite, qu’on est motivé(e), qu’on sait pourquoi on bouge, et qu’on va y chercher un équilibre perdu. Mais parfois l’équilibre est aussi dans l’inaction, dans l’attente, et le status quo. On en parle ensemble cette semaine.
Tout est en mouvement perpétuel. Hier ne ressemble jamais exactement à aujourd’hui, et même lorsque nous faisons notre maximum pour faire perdurer une situation qui nous va, celle-ci aussi va évoluer. Comme le dit un conte perse « Cela aussi passera », qu’il s’agisse du positif comme du négatif. Ce n’est ni une phrase qui nous invite à subir et à accepter la fatalité, ni une phrase empreinte de trop d’optimisme. C’est simplement un constat qui nous rappelle le mouvement permanent dans lequel nous vivons.
A partir de là, il est déjà bien plus simple de comprendre pourquoi notre status quo est parfois si essentiel, pourquoi ne rien faire est rassurant. Car lorsque tout bouge autour de soi, l’instinct vient nous ramener à nos habitudes, à nos éléments « maîtrisés » dont on connaît le démarrage, le déroulé et l’issue. Chacun a son rapport à la notion de surprise, d’imprévu, et il va de soi que plus on a besoin de repères fixes, plus il peut être tentant de figer certaines choses pour s’y retrouver et se rassurer.
Mais parfois l’objectif est aussi de s’économiser. Car changer demande de l’énergie, de la volonté, une certaine prise de risque et d’affronter ce qu’on avait jusqu’alors laissé dans un placard. Et il est bien difficile de commencer un marathon ou une course de vitesse lorsqu’on a pas dormi, lorsqu’on a du travailler, trimer les jours ou semaines d’avant et qu’on a épuisé nos réserves.
Il est donc essentiel de s’écouter, tant dans la notion de mouvement, de changement, que dans celle de l’immobilité, du maintien de ce qui est. Et être dans une de ces situations un jour n’oblige pas à y rester éternellement, ni à être dans tous les domaines de la même manière. L’équilibre interne est important, et il détermine aussi à quel moment agir ou attendre.
C’est plutôt dans la répétition permanente d’un état que chacun peut se questionner. Nous ne sommes pas faits pour n’avoir aucun point de repères, remettre toujours tout en questions et être sans cesse dans le mouvement intérieur. Et face aux changements multiples et fréquents qui nous entourent, tenter de se figer et de figer notre environnement de manière durable, c’est tirer de plus en plus sur un élastique en espérant qu’il ne nous revienne pas à la figure.
Il faut donc, et c’est un travail en soi que nous effectuons quotidiennement, ajuster, réajuster, mesurer l’effort à faire et celui que nous pouvons fournir. Et tant pis pour la redite, il n’y a pas meilleur(e) expert(e) de votre situation que vous-même. Pour savoir quelle somme d’énergie peut demander tel ou tel changement, si cette mobilisation est faisable, si votre mental et/ou votre corps ont la ressource, si c’est une priorité ou si cela peut attendre, vous êtes le(la) mieux placé(e).
Peu importe le moyen utilisé pour vous écouter et le rythme auquel vous allez, l’important est de vous y retrouver, de faire le choix par vous-même et pour vous-même, tant du mouvement que de l’immobilisme. Chaque article prônant l’un ou l’autre ne devrait presque être qu’un facilitateur de votre questionnement, un moteur à votre réflexion, pour vous assurer simplement que ce choix est votre choix, qu’il vous aide, et que vous en connaissez les raisons.
Et vous, qu’est-ce qui vous convient le mieux cette semaine, immobilisme ou mouvement ?
