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FAIRE LE TRI DANS LES PLACARDS ?

Au milieu des nombreuses métaphores autour des émotions, des ressentis que l’on peut enfouir et garder pour soi, celle du placard renferme de nombreux sens et de nombreuses similitudes avec nos réalités. Avant que les portes s’ouvrent d’elles-mêmes à cause d’un placard trop rempli, on en parle cette semaine.

Une émotion, un placard. Ou bien toutes dans le même. J’imagine que chacun(e) a son idée de la situation. Pour ceux(celles) qui sont serein(e)s, et ont pu envisager rapidement les bénéfices de l’expression de leurs émotions, pas ou peu besoin de placard. La nécessité n’est pas la même pour tout le monde suivant nos vies, nos parcours, et nos expériences. Et bien sûr, suivant les vérités auxquelles on pense devoir coller. Pour ne citer que quelques exemples, «  tu es une pleureuse, tu es faible », « les émotions ça ne sert à rien, garde ça pour toi, ça passera », « de toute manière tu ne sais pas te maîtriser, tu réagis toujours avec tes émotions », …

Lorsqu’on ajoute à cela certains tabous, nos peurs de blesser l’autre, notre besoin d’être aimé(e), parfois on choisit de ranger notre émotion au placard. Bien renfermée, à double tour, sans hublot pour voir dedans, et avec l’espoir que tout ce qui viendra s’entasser dessus étouffera ce qui était déjà là. Il est assez facile de visualiser une pile de T-shirt dont le dernier, jamais mis depuis 2-5-10 ans même, reste là, par habitude, et par choix de ne pas traiter cet élément, pris(e) par autre chose, ou préférant ne plus y faire attention.

L’avantage des T-shirts, c’est que passé un certain nombre, le placard devient vraiment plein, on ne peut plus accéder à ce qu’on souhaite, on ne peut que constater l’accumulation. Alors il faut se rendre à l’évidence et faire le tri. Mais pour ce qui est de nos émotions, le chemin est tout autre. Chacun(e) visualise son propre placard, et y met ce qu’il a besoin d’y mettre à un instant donné. Puis lorsque la situation le nécessite, nous venons de nouveau y ajouter un élément supplémentaire. Et de cette manière, d’année en année, le placard se remplit sans jamais y passer plus de temps que celui d’ouvrir , déposer et refermer aussi vite que possible.  

Mais ce qui nous paraît évident pour les T-shirt l’est aussi pour les émotions. Nos placards à émotions ne sont pas extensibles à l’infini. Et tout comme pour les vêtements, lorsque nous repoussons le moment de faire le tri, la tâche est encore plus ardue une fois qu’on souhaite s’y mettre. Heureusement tout est possible lorsqu’on le souhaite, qu’on y met du sens et qu’on en voit l’intérêt pour soi ou son environnement.

La plus grande difficulté est parfois de faire autrement, voire même de défaire des habitudes. Les fameuses phrases du type «  je veux mais je n’y arrive pas » reflète cette volonté d’avancer, mais le besoin de changer des habitudes bien ancrées nécessite parfois d’être accompagné(e) dans ce processus.

Même nos vécus positifs peuvent parfois être mis au placard, mais pas forcément pour les mêmes raisons. L’avantage c’est que lorsqu’on rouvre ce genre de placard, la somme de choses positives qui nous est arrivée est plutôt agréable à recevoir. Mais lorsqu’on met nos vécus positifs au placard, est-ce que c’est pour les garder en mémoire plus longtemps, en profiter et aller y regarder de temps à autre ou pour les y laisser avant même d’en bénéficier parce que nous imaginons ne pas le mériter ? A chacun(e) comme toujours d’y regarder pour lui(elle)-même.

Il faut bien sûr se sentir motivé(e), prêt(e) à regarder ce qui se tient dans le placard pour se lancer dans l’aventure, et accueillir ce qui s’y trouve. Et plus chacun(e) de nous peut y regarder tôt, plus l’avancée peut en être facilitée. Et il sera surtout bien plus simple de venir vider au moment de notre choix le placard de notre ou nos émotions que de subir de plein fouet le moment où la porte va céder sous le poids de son contenu.

Il n’est pas nécessaire d’ouvrir chaque placard d’un coup, de trier chaque étagère en une seule fois, mais la métaphore du placard et des t-shirts peut vous permettre d’y regarder par paliers, étapes pour éviter que le verre ne déborde pour une simple goutte.

Et vous, pour quelle(s) émotion(s) voulez-vous faire un peu de tri cette semaine ?

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