Vous rappelez-vous de ces situations où après plusieurs heures, jours ou semaines à redouter une étape, à devoir faire quelque chose dont vous aviez peur, vous vous êtes finalement dit « eh bien c’était pas si compliqué que ça » ou bien « j’aurais su je l’aurais fait directement, je me serais économisé du temps et des nuits blanches ». Et bien c’est l’idée de cette semaine, plutôt que de regarder la rivière et de redouter de franchir le pas en dépensant son énergie à en avoir peur, la traversée peut être salutaire et bienfaisante.
Ne pas oser, se demander ce qui adviendra si ceci ou si cela, penser et repenser la situation dans sa tête, stresser, prendre peur par avance… autant de façons de dépenser son énergie sans avoir réussi ce pas en avant qui devait pourtant vraiment nous tenter vu la réflexion pour le rendre fructueux.
Alors oui traverser c’est affronter ses peurs, les regarder, les rationnaliser, et oser passer outre, ou s’en défaire. Et ce n’est pas une mince affaire j’en conviens. D’où l’idée de se concentrer sur la balance des dépenses et des gains en terme d’énergie. Et si effectivement, nous préférons dépenser notre énergie dans la gestion de ces craintes, dans la mentalisation de ce qui pourrait, il peut être intéressant de questionner ce que nous gagnons à rester dans cette situation, à choisir de ne pas franchir.
A l’inverse, il y a ceux qui ne calculent pas, qui doivent, veulent aller tout droit, voient une rivière et la traversent sans se poser de questions, avec le risque aussi de l’échec, du danger, de n’avoir pas mesuré la prise de risque. Chacun a sa stratégie, son caractère et en prendre conscience facilite le moment où nous sommes face à cette rivière de choix.
Pour rassurer les frileux à la traversée, hésiter est du ressort des possibles. La peur, liée au danger, déclenche de nombreux mécanismes pour éviter de manière archaïque et un peu simplifiée de perdre la vie. Donc réfléchir, calculer, anticiper, ou simplement chercher le bon endroit pour traverser est tout aussi valable que traverser directement. Pour aller plus loin, il n’y a même que des bonnes solutions, puisque lorsque vous ne traversez pas, vous le faites pour une bonne raison. Encore une fois, vous êtes expert(e) de votre situation, de votre vie, et si vous avez fait le choix de ne pas traverser, c’est qu’il vous était plus salutaire qu’un autre pour de bonnes raisons.
Revenons en donc à notre situation, celle que nous avons sûrement tous connu de « si j’avais su je l’aurais fait tout de suite ». Car c’est celle-ci qui nous intéresse. Qu’avez-vous dépensé finalement comme énergie et comme temps ? Celle à gérer vos appréhensions plusieurs jours ou semaines plutôt que quelques minutes ou heures ? Celle à penser, calculer une situation pendant des heures, qui au final n’a pas forcément ressemblé à vos 1001 suppositions, et qui vous a empêché de penser à autre chose, ou même simplement d’être à ce que vous faisiez? Celle du stress de savoir que l’échéance va arriver et que vous n’y couperez pas et que l’approche de cet ultimatum vous angoisse ? Celle de devoir agir au dernier moment, de ne plus avoir de marge de manœuvre puisque c’est le dernier moment ?
La liste est non exhaustive, et vous trouverez sûrement d’autres éléments propres à votre parcours. Heureusement pas besoin de se flageller, mais plutôt de s’en servir. Puisque vous savez tout ce que vous pouvez vous économiser, pourquoi s’en priver? Rappelez-vous si besoin est le bonheur d’avoir traversé, d’avoir réussi, osé, d’être débarrassé de cette étape, et ce de votre seul fait. Servez-vous de cette situation pour trouver ce qui vous a motivé à traverser, et comment l’appliquer à votre quotidien, à la rivière qui peut-être est déjà là en ce moment.
Et vous qu’allez-vous oser franchir cette semaine ?
